Deux quartiers sont plus particulièrement marqués par la présence de constructions dont on peut raisonnablement penser qu'elles datent de cette époque : Saint Vivien et l'Ilot du centre ville composé de l'ensemble épousant l'ancienne enceinte du château et une partie de l'ancienne rue Saint Jacques (rue des écoles). On trouve également un certain nombre de vestiges dispersés sur l'ensemble de la ville.
Les habitations ont "pignon sur rue" ; certaines d'entre elles possèdent une tour d'escalier dont le volume indépendant est accolé à la façade arrière du bâtiment. Les percements en façade sont de forme variée et leur importance reste en rapport avec le statut des pièces qu'elles éclairaient. Leur décor est constitué de moulures à cavets ou à chanfrein, formant parfaitement une accolade au dessus des bales.
Parmi les constructions repérées, nombreuses sont celles dont la façade a été grandement remaniée ou restaurée abusivement, au point que leur origine ne peut être repérable que par leur structure générale.
Période classique
L'architecture du XVIIème et XVIIIème siècles marque une profonde rupture par rapport à la période précédente. Les façades sont droites, leur composition est généralement symétrique, à travées régulières, les proportions des baies significatives par rapport à la hiérarchie des niveaux. Les façades sont généralement à l'alignement des rues.
Trois ensembles (19 rue Charles de Gaulle, 1 passage Glémet, 26 rue Emile Combes) font exception à la règle : les bâtiments sont implantés autour d'une cour ouvrant sur la rue. Dans le cas d'architecture "commune" du XVIIIème siècle les lucarnes de grenier sont souvent traitées en oculi, cernées d'un bourrelet caractéristique. Les corniches sont en doucine, les bandeaux, chaînages et encadrements de fenêtres généralement plats et avec peu de relief.
Les combles à briais sont peu présents (26 rue Pasteur). De la fin du XVIIème siècle, on retiendra la "Maison de Ville" autrefois située face à l'hôpital vieil, rue des écoles et déplacé en 1897 à côté de la chapelle Saint Gilles. La façade est richement ornée de colonnettes cannelées et le fronton triangulaire du pignon de façade sculpté d'un soleil et de semis d'étoiles. L’hôtel particulier Kerlivio-Broussard construit à la fin du XVIIIème siècle apparaît plus classique avec son couronnement à balustres, son balcon en ferronnerie et ses menuiseries moulurées.
XIXème siècle et début XXème siècle
Avec le XIXème siècle, le rythme de construction s'accélère et, face à la demande, de nouveaux modèles s'imposent, marqués cependant par des constantes qui évolueront au cours du siècle.
De l'habitat commun à l'architecture bourgeoise on retrouve les mêmes caractéristiques : façade droite composée de percements identiques, ordonnée en travées régulières, matériaux traditionnels : pierre de taille ou moellons enduits, toiture en tuiles canal.
Le décor de façade fondé sur la mise en scène des chaînages, des bandeaux d'étage et des corniches n'apparaît que sur les programmes architecturaux des édifices les plus importants.
Dans les programmes architecturaux plus modestes ou simplement sans volonté architecturale, seule la corniche marque la façade. Lorsqu'elle existe, la sculpture reste discrète et se limite aux clefs de linteaux ou des arcs et aux pilastres.
Fin du XIXème siècle,
A la fin du XIXème siècle, la démarche éclectique de quelques notables remet en cause la structure même des constructions : la façade s’organise autour d’un corps central, des variations apparaissent dans le rythme et la proportion des ouvertures, le décor devient partie intégrante du bâtiment, l’ardoise apparaît couramment comme matériau de couverture.
Les inspirations sont diverses : gothique, néo-classique, composite. Le bâtiment est traité comme un élément unique et ne cherche plus à s’intégrer à l’homogénéité d’une rue.

