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Les hommes célèbres

Emile COMBES

Emile COMBES était originaire du TARN, issu d’une famille très pauvre de dix enfants. Il avait fait ses études secondaires au Petit Séminaire de CASTRES, puis avait obtenu à Paris un doctorat de philosophie et de théologie. Son supérieur ne le jugeant pas apte à rentrer dans les Ordres, lui trouva un poste d’enseignant dans un collège religieux à Pons.

 

Il se maria avec une jeune fille de Pons, abandonna l’enseignement et fit, à Paris, ses études de médecine. Il revint ensuite à Pons pour exercer cette activité.

 

Il entra rapidement dans la franc-maçonnerie et entreprit une carrière politique : d’abord Maire de Pons, (il le restera 42 ans), puis Conseiller Général, Sénateur, Président du Conseil Général, Vice-Président du Sénat, Ministre de la Marine, Ministre de l’Enseignement Public et des Cultes et, enfin Président du Conseil (on dirait, aujourd’hui : Premier Ministre) entre 1902 et 1905.

 

Pendant de longues années, défenseur de la laïcité et de l’enseignement public, il s’opposa aux Congrégations religieuses très nombreuses et fort riches. Ces congrégations étaient sous l’autorité de leurs « Supérieurs » eux-mêmes sous celle directe du Pape. Elles exerçaient leurs activités dans plus de 20 000 établissements scolaires répartis sur tout le territoire, principalement en Ile de France et en Bretagne.

 

En 1904, il ferma la majorité des écoles des congrégations et interdit à celles-ci toute forme d’enseignement. Cette laïcisation de l’enseignement provoqua de nombreux troubles, notamment en Bretagne où l’enseignement du Breton fut de surcroît interdit. Emile Combes rompit toute relation diplomatique avec le Vatican.

 

Si la séparation de l’Eglise et de l’Etat avait été proclamée sous la Révolution, en 1904 elle entra réellement dans les faits. Cela explique que vingt cinq ans plus tard, les forces qui avaient combattu Emile COMBES de son vivant se retrouvèrent pour dénoncer un hommage et une cérémonie qui étaient pour elles « un défi à Dieu ».

 

Depuis, les passions se sont éteintes. La chape de l’oubli recouvre le personnage et son action, ainsi que peut-être les propos du Général de Gaulle qui, lors de son passage à Pons, salua la fille d’Emile Combes, grande résistante, en lui disant « j’ai connu votre père, c’était un honnête homme ».

 

Emile COMBES et sa famille reposent au cimetière Saint Martin à Pons.

LE MONUMENT EMILE COMBES

 

Ce monument a été inauguré le 28 Octobre 1928 devant un parterre d’hommes politiques de la IIIème République. L’annonce de cette inauguration avait provoqué à Paris comme en province, dans la presse de droite comme dans les gazettes religieuses, un déferlement de haine comparable aux années 1904.

 

La fin de la cérémonie devait être marquée par des incidents très graves et la mort d’un jeune manifestant d’extrême droite.

 

Agrippa d'Aubigné

Théodore Agrippa d'Aubigné est né en 1552 tout près de Pons au hameau des Raguideaux. Sa mère meurt en lui donnant la vie. Son père Jean d'Aubigné est juge ordinaire à la Châtellenie de Pons. Quand il naît, les idées de réforme ont envahi toutes les couches de la société.

 

Le pays se divise en deux camps dominés par les ultras. Les premiers assassinats se perpétuent, appelant vengeance, revanche et de nouveaux meurtres. Entre deux trêves vaines, deux édits de réconciliation tout aussi vains, c'est partout le même spectacle apocalyptique : massacres, pendaisons, pillages, viols, incendies de couvents et d'églises, exécutions sommaires de prisonniers. D'Aubigné relatera tout ça dans ses œuvres.

 

C'est dans ce climat de guerre civile que grandit Agrippa. Son père fervent huguenot s'engage dans les armées du prince de Condé.

 

Agrippa ne va pas tarder à suivre son exemple tout en faisant d'excellentes études. (C’est un surdoué : à 6 ans il lit dans 4 langues, français, latin, grec et hébreux). Il a une dizaine d'années quand il jure de venger ses corréligionnaires pendus à Amboise. Il devient vite un fier et intrépide combattant. Il ne pose l'épée qu'après deux très graves blessures et il profitera de ce repos forcé pour prendre la plume.

 

Pendant toute cette période le sire de Pons de l'époque est Antoine. Il est gagné par les idées calvinistes, ainsi que sa femme Anne de Parthenay, prosélyte efficace. Lorsqu’elle meurt, Antoine épouse une catholique fervente et embrasse aussi sa religion.

 

Dès lors, les protestants pontois qui avaient bénéficié de complicité et de protection, devront vivre leur foi clandestinement pour échapper aux persécutions.

 

En 1567 Agrippa d'Aubigné a 15 ans quand il fait partie des assiégeants de la ville défendue par Antoine. Les huguenots pénètrent par le faubourg St Martin mal défendu, attaquent la porte de Saintes au canon. Antoine capitule. Les conditions de la reddition prévoient que les soldats sortiront du château, désarmés, le bâton blanc à la main.

 

Là va s'écrire une des plus tristes pages de l'histoire de Pons. Quelques huguenots surexcités, ivres peut-être, se précipitent sur les soldats d'Antoine et les massacrent. Ce sera un épouvantable carnage. Agrippa fait son apprentissage de tueur. On lui donne un homme "à finir". Agrippa s'acharne à trouver le défaut de la cuirasse. En vain. Il s'y prendra à plusieurs fois pour le décapiter.


Trois ans, plus tard il va, avec 22 compagnons d'armes, s'emparer de la ville grâce à une ruse digne de Du Guesclin.

 

Jouissant de complicité huguenote à l'intérieur de la ville, il parvient à s'introduire par le faubourg des aires, un soir de juillet, et crie que toute une armée le suit et promet qu'il n'y aura pas de pillage si on lui ouvre les portes. Enfin arrivé à l'hôpital neuf, la petite troupe tire quelques arquebusades mettant en fuite une grosse troupe de papistes qui s'apprêtaient à entrer en ville.

 

Pierre Dugua,

Sieur de Mons. Ce royannais d’origine, est cofondateur de Québec en 1608 avec Samuel Champlain, originaire de Brouage. Plusieurs expériences de colonisation avaient déjà été tentées. Mais l’aventure de la Nouvelle France séduisait Pierre Dugua.

 

Dès 1598, il revend quelques unes de ses terres et part pour Tadoussac. Puis de retour en 1603, il présente son projet de colonisation au Roi qui le nomme lieutenant général. Il fit équiper 2 vaisseaux sur lesquels embarqua entre autre Samuel Champlain, cartographe saintongeais en 1604.

 

La menace de la perte du commerce des fourrures dont il obtint le monopole, le contraint de revenir et de séjourner en France. En 1608, un équipage repartit avec Champlain comme chef d’expédition et Québec fut fondée à leur arrivée. Champlain rendit compte de sa mission à Dugua.

 

La fin du monopole sur les fourrures contraignit Dugua à dissoudre sa société qui dut racheter l’habitation de Québec pour en assurer la survie. En 1610, il devint gouverneur de la ville de Pons. Il renonce à son poste de lieutenant général en 1611. Il se retire à Ardennes en 1618 d’où il s’intéresse toujours à la Nouvelle France. Il y mourra en 1628.

 

Château d’Ardennes, Fléac sur Seugne (privé ne se visite pas) : cette petite forteresse du 13ième siècle, remaniée au 17ième, de plan centré et munie de contreforts, possède encore son pont-levis. Pierre Dugua l’acheta en 1618 ; Sieur de Mons (Royan) et d’Ardennes, il y meurt en 1628 et y repose au pied d’un if dans le parc du château.