La Seugne

Pons est au centre d'une région fertile où les cultures céréalières ont toujours eu une grande importance, comme en témoignent les nombreux moulins situés sur la Seugue. Dans le centre ville on compte déjà les moulins Jaulin, Aubarée (dont l'étymologie est lieu planté d'aubares c'est à dire d'osiers) La Tour, Conteau, Chaillou.

Les moulins étaient propriétés exclusives du seigneur et à chaque paysan était affecté un moulin. Il ne choisissait pas et payait une amende s'il en changeait. Le fonctionnement et l'entretien du moulin est confié au meunier ou minotier (le minot est la farine de froment) moyennant redevance. Il a le droit de pêcher en plaçant des nasses et des filets dans les parties qui amènent l'eau à la roue motrice.

Ces moulins représentent d'importantes sources de revenus si l'on en croit les archives que nous possédons : nombreuses transactions entre seigneurs et vassaux, donations de parçonniers (détenteurs de parts) à l'hôpital neuf.

Les moulins ne servent pas uniquement à broyer du grain. Le courant est suffisant pour broyer les écorces et en extraire le tanin que l’on utilise pour traiter les peaux. Certains activent des matrices à tisser. D'après les cartes en notre possession le moulin Jaulin était au XVIIème siècle une importante fabrique de papier. Enfin au vieux moulin du Eaux-Gauries on faisait encore de l'huile de noix dans les années 1950.

Le moulin de la Tour

41, rue Thiers
2ème quart du XIXème siècle

Construit sur une dérivation de la Seugne, propriété publique, établissement industriel désaffecté.

Historique : ancien moulin banal des sires de Pons, édifié en contrebas du château, acheté par la municipalité de Pons entre 1845 et 1847 et transformé en station de pompage pour l’alimentation de la ville en eau potable dans deux réservoirs situés dans le jardin public près du château.

L’ensemble de l’équipement est supprimé en 1954 et les réservoirs démolis, remplacés par le château d’eau de Berneuil.

Atelier de fabrication et logement en pierre de taille pour l’élévation sud et en moellons enduit pour les autres élévations. L’atelier est en rez-de-chaussée, tandis que le logement possède un étage carré.

Les tanneries

Une autre activité économique liée à la Seugne est le traitement des peaux. Cette rivière s'y prête bien : l'été et même au début de l'automne l'eau est claire et propre, on peut tremper, rincer, laver les peaux, et les faire sécher dans les îles séparant les bras de la Seugne.

En théorie à cause de l'odeur nauséabonde les tanneries se situent à l'Est de la ville, où l'influence des vents est moindre, entre le moulin de la Tour et les aires.

Toutefois les vents sont capricieux et il leur arrive de tourner. On peut imaginer la puanteur en ville juste au-dessus et les pauvres habitants, sire de Pons compris obligés de tout tenir fermé pour empêcher cette puanteur de pénétrer chez eux.

Tout ce quartier entre le moulin de la Tour et les aires porte encore les traces de cette activité artisanale : bancs de pierres plates, timbres, ponnes (cuves rondes) où les peaux macéraient.
On peut voir aussi des restes de séchoir à claire voie.
Ces tanneries ont prospéré longtemps. En 1975 la dernière a été fermée.

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